lundi 26 juin 2017

CODE 93 de Olivier Norek




Olivier Norek




Auteur(s) : Olivier Norek
Durée : 8 h 50 min 

Version intégrale | Livre audio

Date de publication :31/10/2016
Éditeur : Audible Studios
-

Le pitch :

Coste est capitaine de police au groupe crime du SDPJ 93. Depuis quinze ans, il a choisi de travailler en banlieue et de naviguer au cœur de la violence banalisée et des crimes gratuits.

Une série de découvertes étranges – un mort qui ouvre les yeux à la morgue, un toxico qui périt par autocombustion – l’incite à penser que son enquête, cette fois-ci, va dépasser le cadre des affaires habituelles du 9-3.

Et les lettres anonymes qui lui sont adressées personnellement vont le guider vers des sphères autrement plus dangereuses…



Aparté :

Olivier Norek, j'en ai entendu parler dès la sortie de ce Code 93, son premier roman. Lors d'un QDP l'année suivante, il n'était pas présent, je l'ai acheté en poche...pas lu. L'année suivante, même scénario avec Territoires...pas lu. Mais j'avais approché l'auteur qui côtoyait Maud Mayeras à la FNAC de Lyon. Et QDP 2016 (non cherchez pas, pas de compte-rendu), sortie de Surtensions, il est enfin invité. Rien que pour le plaisir de croiser à nouveau ces beaux yeux bleus francs et rieurs, je le prends...en grand format ! Bonjour la collection...hum... Et bien sûr, toujours rien lu. Et c'est là qu'Audible vient à mon secours. J'ai donc écouté Code 93 tout en me baladant, en désherbant, et c'était juste génial !



Fiou que je l'ai aimé ce capitaine Coste ! Inutile de vous dire que j'ai amalgamé de suite le personnage et l'auteur, sachant que ce dernier est lieutenant à la PJ du 9-3 aussi. Bah, il n'avait qu'à lui dépeindre un regard noisette à son Coste hein !

Ce Code 93 démarre avec un chapitre dont je me souviendrai longtemps. Coste est appelé à 3h du mat sur les lieux d'un crime. Un géant black de plus de 2m est retrouvé refroidi par 3 impacts de balles dans le torse dont deux ciblant bien le coeur. Un médecin dépêché sur le lieu constate le décès et le corps est envoyé à la morgue. Le lendemain matin Coste vient  assister à l'autopsie, parce que c'est maintenant son affaire, mais aussi parce que c'est la jolie Dr Léa Marquant qui officie. Première surprise, une fois le pull troué enlevé, rien sur le torse de l'homme. Deuxième surprise : l'homme a été castré sauvagement. Mais la plus belle reste à venir, alors que Léa démarre réellement l'autopsie, au premier coup de scalpel, notre macchabée se redresse sur la table ! La presse va se régaler avec cette histoire de "zombie".

Et ce n'est que le début des emm*** pour le capitaine et son équipe. Parce qu'il n'y a pas que Victor Coste qui vaut le détour dans ce roman. On peut vraiment tous les citer. Mathias, son second qui quitte le navire ayant obtenu sa mutation pour Annecy, Ronan la belle gueule, un rien frimeur mais efficace sur le terrain et Sam, plus à l'aise sur un ordinateur que sur le terrain, bref le geek de service. Un sacré noyau soudé par une confiance et une franchise à toute épreuve.

Sauf que les meurtres bizarres continuent à leur tomber dessus, après le zombie, la presse parlera d'auto-combustion, puis d'une attaque vampire... Puis Coste va recevoir un courrier anonyme : Code 93, puis un second qui va lui permettre de relier ces meurtres entre eux. Tous gravitaient autour d'une jeune junkie retrouvée morte quelques années auparavant. 

Mais ce que déterre Coste au sujet du dossier Code 93 n'est pas très reluisant. De sombres magouilles politiques venant de haut lieu visant à falsifier les chiffres désastreux de la délinquance du 9-3. Pire, son ami et collègue Mathias semble impliqué. Beaucoup de choses à gérer en parallèle, d'autant que le départ de l'un implique l'arrivée d'un autre. Une autre en l’occurrence : Johanna, qui va devoir faire sa place... Une Johanna avec une tête de plus que toute l'équipe, deux tailles d'épaules, championne de France de tir. Elle a des arguments pour en imposer, elle le fera cependant tout en douceur.

Donc, vous l'avez compris, une intrigue ramifiée, plusieurs axes de visions proposés. Et la Seine-Saint-Denis en toile de fond, présentée de façon réaliste, ni alarmiste, ni condescendante, dans laquelle on sent réellement le vécu et même un certain attachement à ce département si difficile. Une grosse poignée de personnages attachants, sympathiques et un Coste... wouah... attention à l'avalanche de qualificatif ! un Coste calme, placide, sérieux, déterminé, intègre, costaud et serein en apparence. Et pourtant, il en cache des blessures. Mon Dieu, on ne peut que l'aimer cet homme là !

Audible (et Olivier Norek!) m'offre un second coup de coeur après Yeruldelgger. De plus, le conteur est juste parfait là aussi. Et vous savez quoi ? Et bien ce n'est pas fini je pense, car là, Territoires et Surtensions sont au catalogue et la belle saison ne fait que commencer! Yeah !!! 






Et... 3ème bière \o/
bon, y'en a une qui est à sa 19ème hein :P


Page je ne sais pas combien, il ne dit pas les pages le livre audio... et heureusement :P 
Coste alluma sa Maglite et, au sol, se mit à compter une dizaine de préservatifs, quelques mégots de joints, l'équivalent de deux packs de bières en canettes éparses, et un matelas, ocre de saleté, sans draps.



samedi 24 juin 2017

Potins du chat de Dup :)



Petite balade sur les hauteurs...




- Sympa le rayon Fantasy...





- well, comment je vais descendre ?





- Par le rideau ?





Ah ben non, par la tringle tiens !
Vous noterez que ma maîtresse n'a aucune confiance en moi,
elle s'est empressée de fermer la fenêtre...





Des thrillers, des thrillers... c'est pas ça qui va m'aider à descendre hein !
Allons voir plus loin...





De la Jeunesse... mais c'est toujours aussi haut.
Fais quelque chose toi au lieu de me prendre en photo !!!





Et bien en bas, c'est beaucoup mieux !


:))

vendredi 23 juin 2017

Les éditions Voy'el ont besoin de vous !!





Les éditions Voy'el ont des soucis avec leur distributeur. Ils ont besoin de 15000 euros pour s'en sortir. Une campagne Ulule a été lancée; Il ne reste que peu de temps et les contributions plafonnent à 50% de la somme demandée. Alors n'hésitez pas à partager ce message. La diversité de l'édition nous permet à tous de trouver notre bonheur dans nos lectures !!






Ca se passe ICI

jeudi 22 juin 2017

LE RÉSEAU MERMOZ de Laurent Whale




LES RATS DE POUSSIÈRE # 3


Éditions Critic
440 pages
20 euros


4ème de couv :

« La nuit africaine bruissait et, dans l’air marin, flottait cette odeur indéfinissable qui faisait de ce continent une planète étrangère. Un monde à part, déroutant et fascinant à la fois. Un pays de cocagne où se côtoyaient au quotidien des destins fabuleux et une misère insondable. »

1930. Jean Mermoz décolle pour la première traversée de l’Atlantique, alors que, dans la nuit, rôdent les espions nazis.
1944. Lors d’un vol de reconnaissance en vue du débarquement allié en Provence, Antoine de Saint-Exupéry est abattu en plein ciel.
De nos jours. Une lettre au tampon de l'Aéropostale est mise en vente sur la Toile. Israéliens, Russes, islamistes et Français se déchirent sur fond de guerre des gangs. Marseille est en feu et Dick Benton devra prendre tous les risques à la tête des Rats de poussière.
Mais quels secrets contient donc ce courrier venu de la nuit des temps ?




Voici donc la troisième enquête de Richard Benton, cet ex-agent du FBI, et ses Rats de poussière, et le moins que l'on puisse dire c'est que le sieur Whale nous propose toujours plus fort. Toujours basé sur le même principe, avec un fait historique bien ancré dans les mémoires de tout un chacun. D'abord Billy-the-Kid, puis Robinson Crusoé. Ici l'auteur va nous parler de Jean Mermoz. Ce célèbre aviateur français qui a effectué le premier l'exploit de la traversée de l'Atlantique, reliant l'Afrique du nord au Brésil quelques années après l'exploit de Lindberg qui lui avait relié New-York à Paris en 1927 (Source Wiki). Personnellement je me souvenais seulement de son appartenance à l'Aéropostale et aux débuts mythiques de cette dernière. 

Bref, Laurent Whale va prendre cette légende sur pattes, le mettre aux côtés du non moins mythique écrivain Antoine de Saint-Exupery, adapter l'Histoire à sa sauce et nous balader entre hier (1930 et 1936) et aujourd'hui (2015) avec les Rats de poussière. Et comme toujours, c'est addictif. Ces derniers traquent une lettre de 1936 qui a resurgi récemment, mise en vente sur ebay par un petit zonard des quartiers nord de Marseille. Une lettre qui pourrait changer toute la donne politique actuelle et créer un désordre certain. 

J'ai trouvé Le réseau Mermoz encore plus prenant que les deux précédents, et ce pour plusieurs raisons : 
- La première c'est que l'enquête va se situer en France, à Marseille. Quand on connait le terrain, les descriptions données sont encore plus visuelles. Marseille intra-muros, la Cannebière et le vieux port, la Bonne Dame qui surplombe le tout, Marseille et ses quartiers "chauds", ses alentours, les calanques, la mer... un avant-goût de vacances pour le lecteur.
- La seconde, c'est que l'enquête va à cent à l'heure, les chapitres sont hyper courts et créent une cadence infernale de lecture.
- Mais la troisième, et sans doute la plus importante, c'est le nombre d'intervenants dans cette affaire. et la narration va changer de points de vue très souvent. Sur place Dick sera accompagné seulement de Maureen, la punkette aux cheveux verts en pétard, et son fidèle bras droit, Morris. Antonia et Andrew sont restés à Washington, l'une derrière son ordi sur-boosté, l'autre dans ses archives, les deux en soutien logistique. Mais il n'y aura pas que les Ricains pour courir après ce courrier. Les Russes seront arrivés les premiers sur les lieux. Puis une équipe choc du Mossad, qui de loin est la mieux équipée pour la traque : un vrai James Bond ! 

Et tout ce monde là qui marche malgré tout sur des oeufs dans une France post-attentats, toujours en état d'urgence, avec des flics sur les dents au moindre incident. Et des "incidents", doux euphémisme, il va y en avoir un paquet ! J'avais l'impression de lire un Ludlum ! Laurent Whale aurait pu en rester là des intervenants n'est-ce-pas ? Et bien non, il nous rajoute Daesh qui s'est inflitré au sein d'une des équipes et qui en profite pour fomenter une autre horreur au coeur de Marseille.

De chapitre en chapitre la narration change de camp, c'est un véritable ballet, une valse à mille temps qui nous laisse complètement étourdi lorsque retenti la dernière note. Je ne peux que vous conseiller de rentrer dans la danse avec ce Réseau Mermoz. Les Rats de poussière de Laurent Whale nous propose à chaque fois un roman d'aventure plus palpitant que le précédent, et surtout bien plus actuel qu'un Ludlum ou un Tom Clancy. Je l'avais frôlé avec le Manuscrit Robinson, cette fois ci je l'ai atteint : coup de coeur !




mercredi 21 juin 2017

Interview de Lionel DAVOUST Tome 6




Voici déjà le tome 6, 
vous pouvez retrouver le début de l'interview ici: 



© Elyra C.


Moi, moi, moi… 

Bon sang, mais qu’est-ce que c’est que ce bruit ? C’est drôle. Ça rappelle les mouettes de Nemo, mais sans le « à » devant. Ça couine et ça piaille, et on dirait même que c’est prêt à rigoler, sans jamais franchir le pas. Une espèce de fausse modestie de pacotille.

Moi, moi, moi… 

Sacré p! de b! de m!, mais d’où ça vient ? C’est continu, tant que je bosse, que j’écris, que je tape. Attends, si je m’arrête un instant d’écrire ce petit texte… Ah, oui, ça s’arrête. Ça fait du bien quand ça s’arrête. Mais là, ça ne s’arrête pas, puisque je tape encore.

      Moi, moi, moi… 

Minute.

Ah, ben oui. Ça vient effectivement de mon… clavier. WTF ? Il est abîmé ou quoi ? Hier, il faisait un bruit parfaitement normal. Et si j’écris autre chose… ? Et puis que je reviens ici… ?

    Moi, moi, moi… 

Fichtrefoutre, alors ça, c’est vraiment bizarre. C’est uniquement en écrivant cette présentation pour Book en Stock que ça me le fait. Dis-donc, le clavier, tu te ficherais pas un peu de ma tronche ?

   Moi, moi, moi… 

Ou… quoi ? Tu me préviens ?

Me préviendrais-tu que toute présentation d’un auteur par lui-même est un exercice éminemment paradoxal, risqué même, car l’écriture est l’une des disciplines où l’individu s’efface le plus derrière l’œuvre, mais où, pourtant, l’ego est le plus développé, car il faut une persévérance digne des plus grandioses mégalomanies pour passer des centaines d’heures sur un même récit, dans une solitude quasi-absolue, et penser malgré tout qu’au bout du compte, ça intéressera quelqu’un ? Et que tu veux ainsi m’éviter de tomber accidentellement dans une logorrhée sans contrôle où, après quatre brouillons ratés, je risquerais d’ériger un monument à ma propre gloire avec la plus honnête des intentions, ce qui serait peut-être excusable, mais fortement gênant pour tout le monde, sans parler de l’ennui que cela ne manquerait pas de générer ? C’est ça que tu me dis, clavier ? Heureusement que je t’ai compris, dis ! Je suis bien content d’avoir regardé tant d’épisodes de Flipper quand j’étais môme, où les humains comprenaient comme par magie aux couinements du dauphin le fin mot de l’histoire trente secondes avant la fin de l’épisode et réglaient tout d’un coup.

Trente secondes, il se trouve que c’est exactement le temps qu’il me reste pour remercier Dup et Phooka de nous héberger tous collectivement pour ce mois. Car cela me touche beaucoup et me fait très plaisir que nous puissions nous rencontrer et discuter ainsi. Merci !

Et je suis bien content aussi, finalement, d’avoir ce clavier qui couine. J’espère arriver à t’écouter aussi longtemps que possible, copain. Tiens, voilà une sardine !
Hum.
Bien. Super. Non, mais, OK, d’accord.

Maintenant, il y a une sardine sur mon clavier. 






********************



Olivier BIHL :


Et bien pour de l’interview, c'est du lourd... entre la masse de questions très structurées et des réponses toute aussi fournies, on a intérêt à s'attacher au bastingage (et oui j'ai presque fini Port d'Âmes d'où cette fine utilisation de la métaphore marine lol ...) Ce qui me frappe dans tes récits, ce sont les détails et un vocabulaire d'une grande densité et des néologismes nombreux, j'avoue que je me perds parfois, à combien estimes tu ton propre champs lexical? un dictionnaire Davoust est-il prévu avec cartes, personnages, mythes? En ne restant que sur Port d'Âmes, c'est le registre de la littérature classique dans ses grandes thématiques (à la Racine ou Corneille et leur glorieux ancêtres grecs et latins) ; l'honneur avec un grand H, la morale, le rôle du Père.... bref est-ce que ces auteurs ont aussi eu ta faveur un moment ? Comme l'indiquait une des nombreuses questions précédentes, la poésie ... est importante dans ce Port d'Âmes, je connais peu d'auteurs de ton registre qui possède à ce point le sens de l'art poétique... as-tu des auteurs de prédilection sur ce créneau ?


Lionel :
Hey, content que tu passes un bon moment ici avec ce Mois de, si on discute, c’est pour le faire pour de vrai :) 

Quand tu parles de champ lexical, c’est autour d’Évanégyre ? Je n’en ai aucune idée, j’avoue. Je ne compte pas… Et je ne peux même pas te donner de compte, entre autres parce que je suis dans le processus de réorganiser et centraliser mes notes (plus de quinze ans de notes, argh) sous une seule et même forme cohérente fournie par l’informatique moderne. Quand j’ai besoin d’une information, je sais où aller la chercher entre mes différents systèmes, mais c’est loin d’être optimal, et tout remettre en forme est un chantier de long terme. 

Concernant un possible dictionnaire, je réfléchis depuis un moment à la possibilité de mettre un « compagnon » à l’univers en accès gratuit sur le site, une sorte de portail / wiki, mais je n’ai pas encore trouvé la bonne forme. En fait, j’ai deux contraintes principales : d’une part éviter de trop figer dans le marbre des choses que je veux laisser en friches, d’autre part éviter de spoiler – pardon, divulgâcher ;) Or, des tas de choses peuvent subtilement représenter des spoilers ; l’évolution d’une graphie, un changement de nom… Mais même, aussi, imaginons que je parle d’un mythe sur un tel portail, mais que je doive le redéfinir dans un récit parce que ça servirait à l’histoire – ne serait-ce pas lassant pour le lecteur qui connaît déjà ? Je veux que les récits soient, et restent, le cœur même de l’univers, et cela implique de bien réfléchir à la forme d’un tel « compagnon ». Je suis très méfiant, de manière générale, envers les « Annexes » des univers, et de fantasy tout spécialement. Je contrôle donc leur prolifération avec le plus grand soin (il y en a dans La Messagère du Ciel, mais ce sont davantage des aide-mémoire). 

Alors, ce qui est envisageable au stade actuel de la réflexion, c’est : une chronologie et un dictionnaire des termes de l’univers. Ça, c’est relativement peu risqué. Ensuite, à voir. Les seules cartes possibles seraient seulement locales (on peut imaginer celles de Port d'Âmes et de « Les Dieux sauvages », et je pourrais joindre les croquis de celle de La Volonté du Dragon). Et puis quelques articles en passant comme je l’ai évoqué dans les réponses précédentes sur la géographie, l’approche du monde, le répérage ? 

Sur la littérature classique : j’ai un rapport équivoque avec elle. J’ai été avant tout un enfant de la contre-culture et de la littérature populaire, et j’ai découvert, de mon propre gré, et pour le plaisir, les classiques assez tard, avec, disons, une impatience déjà bien formée. ;). Toutefois, oui, j’ai beaucoup d’admiration pour les dramaturges de la grande époque, surtout pour leur maniement époustouflant de l’alexandrin et la musique de la langue. J’ai toujours considéré cela comme des prouesses absolues. De même (mais deux siècles plus tard), je n’ai jamais réussi à aimer Hugo romancier (même si je lui rends mille fois hommage comme monstre sacré), mais Hugo dramaturge, Hugo poète, c’est extraordinaire pour moi. Et aussi Rostand, notamment avec l’Aiglon, qui m’a beaucoup influencé quant à ma vision de la guerre quand j’étais môme. 

« Vous regardez ce gris qui de bleu se ponctue,? 
Non. 
Que regardez-vous ? 
L’épingle qui le tue. »
(Tout ça parlant d’un papillon sur une planche de naturaliste. Comment ça déboîte. Ahem, pardon.)

Merci infiniment pour ton appréciation de la poésie de Port d'Âmes ! Pour les influences en la matière, j’en ai un peu parlé dans une question précédente, voici donc un complément, du coup : en langue française, ce sont effectivement plutôt les dramaturges qui me parlent. En fait, pour tout dire, en matière littéraire, je picore beaucoup ce qui m’intrigue çà et là plutôt que fouiller un domaine. (Ce qui me donne une culture que je considère toujours un peu lacunaire, pour être très honnête, je ne suis spécialiste de rien du tout, il y a juste des choses qui me parlent dans tous les horizons.)



Amarüel :


Bonjour Lionel ! J'aurai donc quelques lectures avant d'atteindre cette nouvelle dédiée aux Anges mais une certaine hâte me tient :)

Il est vrai que je n'ai à aucun moment remis en question la "véracité" des moments transférés... Hum... L'interprétation d'un événement est effectivement bien subjective, dans ce cas les émotions brutes ressenties par Rhuys lors des Transferts ne seraient qu'une interprétation pure de ce que la vendeuse a elle-même ressenti au moment de l'événement. Mais peut-on vraiment interpréter quelque chose que l'on n'a jamais connu ? Comment Rhuys fait-il pour interpréter l'obscurité, s'il n'a jamais expérimenté la chose ? Il ne ferait qu'extrapoler, non ? Le transfert, ces événements qui rentrent en écho avec les expériences du 'receveur' et qui viennent renforcer ou réveiller un sentiment enfoui en lui.

Ah oui et puis tu parles de magie mémorielle donc le transfert ne se limite pas qu'à un transfert de "données" émotionnelles mais s'accompagnent de fragments de mémoire. (Bon ça, j'en saurais plus avec les autres récits et reviendrait à la charge lors de salon ;))

/!\GROS SPOILE/!\

Donc quand Vibeka est quasiment catatonique à la fin du roman, elle a donné tous les événements qui l'ont construite. Elle doit 'redémarrer', mais dans ce cas est-ce seulement envisageable ? J'avoue n'avoir eu que peu d'espoir à la fin du récit la concernant. Son esprit en tant que Vibeka s'est disséminé aux quatre vents, elle 'est' présente dans tous les clients qui ont bien voulu d'un peu de tristesse et n'est plus dans ceux qui ont vite oublié. Pendant tout le récit c'est une mort déguisée que tu nous as dessiné la concernant ! RHAAAAAAAaaaaaaaa (bon d'accord son enveloppe corporelle demeure mais le personnage n'est plus, étant donné qu'il est impossible qu'elle redevienne elle-même).

Bon avec tout ça je n'ai pas vraiment posé de questions : Stranger Things, si tu as eu l'occasion de mater cette série, tu en as pensé quoi ? Ça change de Flipper, c'est sûr ! (rien à voir avec la choucroute donc).



Lionel :

Re ! Et : hmmm. J’aime beaucoup lire tes spéculations, c’est génial de voir que cela peut te faire réfléchir à ce point ! Mais là, si j’ai une idée très précise de comment ça marche, je pense que c’est le moment où je dois gracieusement m’incliner et sortir discrètement par la coulisse… Je pense que ces hypothèses appartiennent à l’investissement de chaque lecteur dans l’histoire, et il ne me revient pas de dire « c’est x ou y » dans ce contexte, de casser le jeu de la réflexion, qui est tout une partie du plaisir, je pense. Tu me diras si La Route de la Conquête t’a donné des éclairages complémentaires :) Et je reviendrai forcément encore à ces magies mémorielles, à Aniagrad ou ailleurs. À chaque fois, cela me permet de creuser davantage toutes ces questions, et de donner un tableau plus complet de la façon dont je les vois. 

Tout le monde me dit que je dois voir Stranger Things, mais je ne m’y suis pas encore mis ! En ce moment, je suis surtout dans la nouvelle saison de Twin Peaks que je suis religieusement (je suis un grand fan de la série d’origine, que j’ai vu lors de sa diffusion sur la 5 au fur et à mesure… ça nous rajeunit pas)



Phooka :
Bonjour Lionel,

Te verrais-tu (ou as tu déjà fait) écrire sur commande? Avec un sujet imposé, une trame décidée?

Et te verrais-tu écrire dans un autre domaine (qui ne soit pas SFFF ou thriller)? De la romance en Évanegyre ...



Lionel :

Ça dépend de ce qu’on appelle sur commande. Les sujets imposés, c’est le cas de la majorité des anthologies, et je le fais depuis des années, toujours avec plaisir ; parce que je vois la contrainte comme une façon de sortir de sa zone de confort, d’expérimenter des directions qu’on n’aurait pas forcément empruntées, et il en sort des choses très intéressantes, je trouve. Avec une trame ? Pourquoi pas, aussi. Un jour, on m’a proposé une novellisation de jeu vidéo, ce que j’ai dû décliner à mon grand regret pour cause d’agenda trop chargé. Mais ma première réaction a été « oui, super cool ! » 
En fait, le secret des thèmes, des trames, des commandes – et j’ai vu tous les vieux briscards le faire –, c’est de conserver suffisamment de marge de manœuvre pour s’approprier la contrainte et en faire quelque chose d’hybride, qui puisse t’appartenir réellement ; de la « subvertir » pour qu’elle devienne la tienne et que tu sois content du tour que tu lui donnes. Orson Scott Card en donne un excellent exemple dans l’adaptation d’Abyss, c’est réellement un objet « roman », qui fait des choses que seul un roman peut faire, au lieu d’être un bête décalque du film. Une trame, un thème, doit fonctionner à mon sens de la sorte : c’est une boîte de Lego dont on va faire quelque chose qui nous appartient, avec les briques qui sont fournies. 

De manière générale, oui, je suis prêt à écrire des tas de choses, même si je gravite toujours vers l’imaginaire de façon plus ou moins prononcée. J’ai quelques idées de romans de littérature blanche (bon, OK, je triche, de réalisme magique) depuis un moment. Mais je pense qu’il me faut toujours une trame avec des enjeux forts, un univers narratif qui surprenne et qui stimule, et une véritable histoire. Pour moi, selon mes codes et mes goûts, ça ramène toujours à la SFFF de près ou de loin, potentiellement hybridée ou méconnaissable, mais avec un jeu sur le réel. Le truc que je ne me vois absolument pas écrire, c’est toute cette littérature blanche très en vogue en ce moment, celle qui se regarde le nombril en parlant de la mort de son grand-père pendant 150 pages en marchant dans l’herbe et en regardant les nuages. À moins d’un immense talent, c’est pour moi l’expression même de la vacuité, ça me donne envie d’aller mourir aussi, alors je ne crois pas que je pourrai réussir à y intéresser mon lecteur si j’en écrivais. Aujourd’hui, en tout cas. 

De la romance en Évanégyre, tu en as un soupçon dans Port d'Âmes :p Faire d’autres types de récits, explorer d’autres domaines, oui, bien sûr, mais il me faut toujours une part d’extraordinaire, je crois. Qu’on me montre que ce que je lis (et donc, cette attitude se retrouve dans l’écriture) a une forme de portée. C’est la pièce maîtresse. Les divagations sur la mort d’un grand-père pendant 150 pages en marchant dans l’herbe et en regardant les nuages, c’est justement dépourvu de portée pour moi, à moins, encore une fois, d’avoir un immense talent, mais il est bien rare. 






Aely Nah 


Bonjour Lionel,

Souvent dans la fantasy les scénarios alternent les points de vue, comment faites-vous, les auteurs, pour faire avancer vos personnages dans ce cas?

Vous préparez un plan avec les chapitres de chaque personnage puis vous écrivez tout l'un d'abord puis tout l'autre ou chacun prend sa place petit à petit?

Que se passerait-il si un lecteur décidait de ne lire d'abord qu'un personnage??

J'ai mal dormi lol ce sont les questions supra existentielles qui en sont ressorties lol, désolée ;)

Et sinon j'ai commencé la messagère du ciel et j'aime beaucoup même si, au vu que quelques événements persos, je suis moins assidue que je ne le souhaiterais. Mais l'évasion est là en tout cas et j'en ai besoin.




Lionel :

Merci Aely, et je suis content que La Messagère du Ciel t’offre un peu de détente dans ce contexte. Bon courage pour ce que tu traverses. 

Je ne peux m’exprimer que dans mon cas pour l’alternance des points de vue, chacun travaille différemment. Pour moi, c’est un mélange de planification et d’improvisation totale. En gros, j’ai la trame des événements ; je sais dans les grandes lignes ce qui arrive dans le monde, à qui, je m’assure aussi que tout le monde ait bien quelque chose à faire, des enjeux, des conflits (sinon, le personnage ne mérite pas un point de vue à part entière, s’il ne fait que « soutenir » l’intrigue). Si une ligne narrative me paraît faible, j’y réfléchis pour voir comment la renforcer dans le respect de l’ensemble. Il m’arrive aussi de savoir qu’un personnage mérite un point de vue, mais de devoir passer pas mal de temps avec lui ou elle pour déterminer où il ou elle va (et ce genre de contrainte peut faire émerger des histoires imprévues et très intéressantes ; j’ai parlé plus haut de l’intérêt de la contrainte pour sortir de sa zone de confort). 

Après, dans l’écriture, je sais rarement au-delà de quelques scènes, voire chapitres, comment les événements vont s’enchaîner dans le détail. Le choix du point de vue est fonction de quelques principes simples (pour un événement donné, on va plutôt prendre celui ou celle qui risque le plus gros, car c’est là que se trouve la tension narrative et donc l’intérêt de l’histoire) mais il y a aussi, pour moi, une question de ressenti, de ce qui s’impose. Les récits choraux (à multiples points de vue) ont ceci de génial que tu peux jouer bien plus facilement avec la tension narrative que sur un personnage unique. Tu peux t’attacher seulement à ce qui compte, passer sous silence les moments peu intéressants pour aller voir quelqu’un d’autre, créer la surprise, insérer de la tension narrative en laissant un personnage de côté intentionnellement pendant un moment… c’est beaucoup plus complexe parce que tu joues avec bien plus de lignes scénaristiques et ça peut être assez compliqué de tout faire tenir en un seul tenant sans rien laisser tomber, mais je trouve ça vraiment ludique à écrire comme à lire. Du coup, pour ma part, au jour le jour et de scène en scène, je me dis : qui n’ai-je pas vu depuis un moment ? Qui est le point de vue le plus intéressant pour cette scène ? Quel est le chemin parcouru jusqu’ici en terme d’ambiance, de rythme, d’enjeux, et, comme un voyage musical (on y revient), qu’est-ce qui ferait sens à ce moment donné ? On accélère, on ralentit, on change de thème, on casse intentionnellement les attentes, etc. ? 

Quant aux conséquence de ne lire qu’un seul personnage, cela dépendrait énormément du livre dont on parle, je pense. Mais je crois que ça reviendrait à ne manger que les olives, le maïs ou les carottes dans une salade. C’est bon tout seul, mais si tu manges une salade, c’est justement pour l’équilibre des saveurs, et l’équilibre narratif d’un livre choral se compose généralement sur l’ensemble des points de vue, des trames narratives, avec des atmosphères, des rythmes et des enjeux de nature différente. Du coup, tu peux manger un seul ingrédient de la salade, et il sera peut-être très bon, mais tu te prives de la salade, quoi. C’est un peu dommage. :) 






Licorne :


Ben c’est pas la moitié d’une réponse ça, merci Lionel. Ta vision des choses est sereine et cette humilité est toute à ton honneur !

Si une dame « Licorne » se présente à ton stand au chateau de Comper, tu ne seras donc pas surpris, et ce ne sera pas « si incongrue » que ça d’ailleurs au pays de l’imaginaire Arthurien ! je vais faire mon possible pour venir te saluer et continuer cette discussion intéressante sur le pâté !

En attendant je vais travailler sur la chronique de ton livre !

Tiens d’ailleurs, est ce que tu te balades sur les blogs pour connaitre un peu ce qui se dit sur tes romans !?

Belle journée



Lionel :


Merci beaucoup dame Licorne ! Et merci pour ta lecture et ta chronique ; puissions-nous envoyer conjointement du pâté. (Ahem)

Oui, je lis les chroniques, et j’en relaie pas mal sur les réseaux, d’ailleurs. En fait, presque tous les auteurs se baladent sur les blogs pour voir ce qui se dit. (Presque tous les auteurs savent presque tout ce qui se dit sur eux.) C’est une façon pour nous pour voir comment les choses sont reçues, si ce que l’on a voulu passer a été compris, ce qui a pu marcher ou non. En revanche, je ne laisse pas ça m’influencer dans le processus d’écriture. De même, je n’interviens jamais dans les débats, et je ne réponds jamais aux critiques, qu’elles soient bonnes, tièdes ou mauvaises. Je n’ai pas à le faire (même s’il m’arrive d’en bouffer mon clavier quand j’écope d’une mauvaise chronique parce qu’on a envoyé mon tome 3 a quelqu’un qui n’a pas lu les deux premiers, et que cette personne débine le bouquin sur cette seule base sans jamais parler du contenu – quel intérêt, sérieusement ?). Il s’agit la plupart du temps d’avis de lecteurs, et un avis, c’est un avis, avec toute la valeur subjective qu’il peut avoir, et ça ne se discute pas, tout simplement ! 

Je tique davantage, en revanche, quand je vois des papiers qui se targuent de refaire le travail de l’auteur ou de l’éditeur à sa place, ou de la provocation facile pour se donner un genre – ce qui est le mal d’Internet, bien sûr (J’en avais parlé là http://lioneldavoust.com/2017/la-ou-la-critique-sarrete/ ) C’est heureusement, bien sûr, minoritaire, mais je vous assure que si les auteurs n’en disent jamais rien parce qu’ils n’entrent pas là-dedans, intérieurement, ça les blesse et ça les met pas mal en colère. Ce n’est pas le fait qu’on ait pu ne pas aimer un livre ; cela, c’est le risque du métier ; les goûts, les couleurs, etc. C’est parfois le manque de respect (voire la bêtise) qu’il nous arrive de rencontrer qu’il est difficile de digérer, puisqu’il est impossible de répondre sans passer pour un gros aigri incapable d’entendre la contradiction. L’auteur a toujours tort dans ces cas-là. Il a tort dès qu’il envisage la démarche de répondre, de toute façon : comme je l’ai dit, il n’a pas à rentrer dans un tel débat. (J’en connais qui ont arrêté de lire tout net les chroniques pour cette raison et éviter de se mettre potentiellement la rate au court-bouillon.) 

Ça ne vous concerne évidemment pas vous qui est êtes ici, car vous êtes des gens super ! Et merci, d’ailleurs…




Snow : 

Me revoilà !

Bon les évènements actuels font que j'avance peu dans ma lecture, mais ça avance ^^

J'ai été réveillé (littéralement) cette nuit par une question existentielle sur tes livres.

Pourquoi seul le premier tome de Léviathan est en poche (ça n'a pas assez fonctionné pour sortir la suite ? )

Et pourquoi seul Port D'Âmes est aussi en poche ? (les autres mériteraient aussi d'être "pochisé" et atteindre un nouveau public ;) )



J'imagine bien que la version poche n'est pas forcément de ton ressort mais, j'ai une impression générale comme quoi l'imaginaire a du mal à sortir en poche (et donc reste assez peu abordable... parce que oui c'est cher un GF) , même si du coup le numérique y est plus "démocratisé" et abordable ^^ Mais comme tout le monde ne lit pas encore en numérique (ou ne veut pas se lancer ;) ) Je me pose la question.



Lionel :

Holà, faut pas te réveiller pour ça ;) 

Alors, effectivement, ça n’est pas du tout de mon ressort, hélas. L’éditeur grand format détient les droits, et c’est lui qui représente le livre pour une éventuelle réédition en poche (et crois-moi, il fait tout pour y parvenir, car c’est dans son intérêt). Il faut savoir que la sortie en poche d’un livre est loin d’être automatique ; il faut qu’un éditeur poche s’y intéresse pour le ressortir. Et donc, il y a des discussions commerciales et des négociations entre éditeurs. 

Je ne vais pas parler de la qualité des bouquins et de leurs chances de republication en poche (je suis le plus mal placé pour ça !), mais, sur l’aspect purement commercial, il y a peut-être quelques éléments de réponse. Tout bêtement, Port d'Âmes est le livre le plus facile à vendre, parce qu’il correspond le plus à un format répandu : c’est un roman de bonne taille et il est indépendant. De plus, sa publication a coïncidé avec un moment où mon travail commençait à être vraiment remarqué. Cependant, avec la notoriété de l’univers, on peut bien sûr espérer que La Volonté du Dragon et La Route de la Conquête (et « Les Dieux sauvages » aussi, mais là c’est trop tôt pour y voir clair) soient repris aussi ! La meilleure manière de soutenir la sortie en poche d’un livre, c’est d’acheter le grand format pour en faire un succès, paradoxalement. 

L’imaginaire est quand même plutôt bien représenté sous ce format, je trouve. On a de prestigieuses collections bien ancrées (Folio, Le Livre de Poche, J’ai Lu), d’autres chez les indépendants (Milady, Helios, maintenant la petite Dentelle chez l’Atalante…). Il me semble que l’imaginaire n’y est ni plus ni moins bien représenté qu’ailleurs – pour ma part, j’aurais peut-être même dit mieux qu’en grand format, vu que c’est traditionnellement du roman populaire. (Après, la représentation de l’imaginaire au sens large dans les médias, c’est un tout autre débat.)

Sur la sortie du premier Léviathan en poche, ça reste un mystère pour moi sur lequel j’ai fini par lâcher prise. A la base, Points devait prendre la suite, mais ça ne s’est pas fait, et je n’ai jamais vraiment eu d’information claire à part un stand-by à durée indéterminée (c’est en tout cas ce que, de mon côté, j’en ai compris). Il y a eu un peu de lobbying de la part de lecteurs pour avoir la suite, mais ça n’a pas donné de retombées de mon côté. Je n’en sais pas plus. 


Amarüel Tribulation :


Hello Lionel !

Question toute bête : le nom de Rhuys, une référence à la presqu'île ?




Lionel :


Bien vu, c’est un clin d’œil, oui. Je voulais que les noms rhovelliens aient une inspiration partiellement bretonne, et c’est aussi une référence à un RPG que j’ai adoré sur Megadrive quand j’étais môme, Phantasy Star III, dont le héros s’appelle « Rhys ». Pour mon premier vrai, long roman de fantasy, j’avais envie de faire un petit hommage à cette autre histoire qui avait bercé mon adolescence. :) 





Dup :


Autre question toute bête : d'où vient le nom d'Évanégyre ?


Lionel :


Ça, c’est plus compliqué :) 

C’est un mot qui s’est plus ou moins imposé très tôt dans la construction de l’univers. Je ne savais même pas encore si c’était l’univers ou un lieu. Alors il se trouve que c’est la planète, mais aussi – ça n’est mentionné nulle part pour l’instant – une île sur la planète. Le nom sonnait bien, il m’évoquait la magie, un monde, alors je l’ai adopté d’abord comme nom de code pour le projet, puis comme appellation établie. Je n’ai vraiment décomposé ce que mon inconscient m’avait servi que des années plus tard : c’est une composition entre « évanescence » et « gyre ». Un gyre, en océanographie, ce sont les grands courants océaniques dominants qui régissent la circulation des eaux dans tout un hémisphère ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Gyre_océanique ). Cette giration m’évoquait la lente rotation des âges, quant à l’évanescence, c’est la fugacité, mais aussi pour moi la magie, la féerie, l’inexplicable. Évanégyre, c’est donc, étymologiquement, la « planète évanescente », ce qui colle aussi bien à la succession de ses âges qu’à son statut de création fictive, changeante, une illusion qui s’affine ou se dérobe selon le point de vue qu’on en a, auteur ou lecteur. 






paikanne :

Bonjour,

Je m'en viens (enfin) déposer le lien de mon billet sur Port d'Âmes et me voici en train de lire un roman dans ce "mois de..." ;-)


Licorne :

Mon billet sur Port d'Âmes





Lionel :


Merci beaucoup à vous deux ! Je suis ravi que la lecture ait été une bonne expérience pour vous et que vous ayez été sensibles au discours et au style. Et également que vous ayez été touchées par le parcours et l’histoire de Rhuys. Je me rends compte avec les années que ce roman fait grandement appel à la sensibilité du lecteur, à sa capacité à la contemplation et à l’introspection. Si l’on aime ce genre d’ambiance, on marche, mais c’est un choix narratif assez résolu qui ne parle pas forcément à tout le monde. Je suis vraiment très content, donc, que ça vous ait parlé à vous !


Défi des 4 AS : Challenge allégé pour l'été






On efface toutes les règles précédentes et on enchaîne avec celles ci :


La règle pour cet été est un peu « spéciale », on fait plus léger. Je vous laisse toujours 4 choix, mais vous devez en prendre deux par personne, pour tout le monde, pas PLUS, pas MOINS : 1 défi principal et 1 défi en option sur 4 mois et non 2 ! Vous prenez les défis que vous voulez sans être obligé de vous les répartir pour le point bonus ! Il y aura toujours ce point bonus mais uniquement si toute l’équipe a remplit ses 2 défis. SIMPLE ! non !


DEFI 1 : Un livre dont le titre ou la couverture suggère "nettement" l’été : 5 PT
DEFI 2 : Choisissez une lecture commune avec l’une des joueuses de votre équipe : 3 PT pour chacune qui seront multipliés par deux dés que les 2 avis seront rendues !
DEFI 3 : Lecture de l’imaginaire (fantasy, SF, bit-lit, steampunk …) : 3 PT
DEFI 4 : L’auteur qui vous lirez devra avoir la lettre de son nom ( uniquement) qui commence par J (juillet) ou A (août) ou S ( septembre) ou O ( octobre) : 2 PT


Voilà les 4 défis des 4 mois. ATTENTION DÉPART LE 1 JUILLET... PAS AVANT ...



Je rempile donc avec les trèfles ! Comme dit Kyradieuse : On ne change pas une équipe qui gagne !

A priori pour moi ce sera :

Défi 1 : Spéléo dans la PAL... pas évident de trouver une couv qui corresponde au thème ET qui soit dans ma bibli !




Défi 2 : Une LC avec Stefiebo, dont le titre reste encore à définir.


Pour suivre l'évolution de ce défi, les discussions, les disgressions
les résultats aussi,
c'est par ICI

mardi 20 juin 2017

Les sorties Folio SF de juin 2017








Juin 2017






JEAN-PIERRE BOUDINE
 Le paradoxe de Fermi

Couverture d'Aurélien Police





*******



FABRICE COLIN
 Big Fan

Couverture de Gérard Dubois




lundi 19 juin 2017

SHARKO de Franck Thilliez




HENNEBELLE-SHARKO # 6



Fleuve Éditions
Collection fleuve noir
575 pages
21,90 euros


4ème de couv :

« Sharko comparait toujours les premiers jours d’une enquête à une partie de chasse. Ils étaient la meute de chiens stimulés par les cors, qui s’élançaient à la poursuite du gibier. A la différence près que, cette fois, le gibier, c’était eux. »

Le lieutenant Lucie Henebelle a tiré sur un homme en dehors de toute procédure. Pour la protéger, son compagnon Franck Sharko, lui aussi flic au 36 quai des Orfèvres, a maquillé la scène de crime. Ils vont récupérer l’affaire. Celle d’un type retrouvé dans sa cave, mort d’une balle dans la gorge.
Y a-t-il plus infernal, quand on est flic, que de devoir enquêter sur son propre crime ?






En bonne aficionados, chaque année j'attends le nouveau Thilliez. Mais j'avoue qu'une année sur deux je flippe : l'année où l'auteur remet en selle son couple récurrent Franck Sharko et Lucie Hennebelle. A chaque fois je pense que je vais me lasser. Grossière erreur. En fait je ne sais pas comment il fait, mais à chaque fois c'est mieux. Plus intense, plus percutant, plus... plus tout quoi ! Gros coup de coeur. Il doit y avoir une belle fibre masochiste chez moi, car chaque année, que ce soit avec ses one-shots ou ses Hennebelle-Sharko, j'attends ma claque Thilliez.

Avec Sharko, le roman, l'auteur va vraiment plus loin. Il balance son couple phare au coeur de l'intrigue, mais pas comme d'hab ! Relisez le résumé, oui, ils enquêtent sur leur propre meurtre. Enfin, celui de Lucie, mais Sharko s'est chargé de la seconde couche afin 1) de maquiller la scène pour qu'on ne puisse pas remonter à Lucie et 2) que le meurtre soit suffisamment dégueu choquant pour que l'enquête soit directement confiée au 36 et non au commissariat de banlieue dont il aurait dû dépendre. Donc on peut bien dire que c'est leur crime. A la décharge de Lucie, elle a tiré en légitime défense... sauf qu'elle n'avait aucun droit d'être rentrée dans le domicile de ce Ramirez. Qu'y faisait-elle ? Et bien ça, je ne vais pas vous le dire, nanmého !

Mais imaginez donc, diriger l'enquête, magouiller pour falsifier les "perquizes", induire en erreur volontairement leurs collègues, ceux avec qui ils partagent tout. Surveiller en permanence ce qu'ils disent, leurs regards, où ils mettent leurs pieds, et par-dessus tout cela LA CULPABILITÉ. Franck Thilliez va nous décortiquer l'impact psychologique de cette affaire sur ses deux personnages fétiches de façon magistrale, rendant ce roman prenant de bout en bout.

Heureusement pour eux, le meurtre de Ramirez va plonger le 36 dans une affaire de plus grande envergure, avec beaucoup d'autres meurtres qui s'enchaînent. Pour résumer rapidement, le Ramirez était loin, très loin d'être un ange. Pire, il n'était qu'un des piliers d'une sorte de secte mi-satanique, mi-vampirique.

Et comme toujours avec cet auteur, il va plonger l'enquête dans un domaine médical et ça, j'avoue que j'adore ça (mon métier sans doute). A chaque roman il explore un nouveau domaine. C'est creusé, documenté, pointu et passionnant. A chaque roman je me dis que j'aurai aimé l'avoir comme prof, il a un don pédagogique indéniable cet homme, car jamais son discours n'est pontifiant. C'est le déroulé de l'enquête qui apporte l'un après l'autre les éléments nécessaires à la compréhension du sujet qu'il traite, et la leçon passe toute seule. Mieux, elle s'imprime directement.

En résumé, une enquête trapue, dont chaque étape est cruciale et millimétrée par l'auteur, Chaque détail, chaque découverte est importante et apporte une pièce au puzzle monstrueux qui ne se dévoilera qu'à la toute fin. Et durant toute cette longue enquête, 575 pages tout de même, Hennebelle et Sharko dans l'oeil du cyclone, l'angoisse persistante, l'épée de Damoclès bien tranchante au-dessus de leurs têtes. Magistral monsieur Thilliez ! 


Lecture inscrite au challenge Le défi des 4 As de Licorne



Mon défi principal : Le défi N°3

« Lire un policier ou thriller avec un personnage récurrent ( merci de citer le nom du personnage récurrent) : 3 PT»





vendredi 16 juin 2017

CÉLESTOPOL de Emmanuel Chastellière




Les éditions de l'instant
340 pages
22,50 euros


4ème de couv :

Célestopol, la cité lunaire, la perle de l’Empire Russe, la ville de toutes les démesures, où toutes les technologies de ce XXème siècle naissant se combinent pour créer la métropole ultime. Célestopol, où à chaque coin de rue, la magnificence de ses merveilles architecturales rivalise avec l’éblouissement que provoquent ses automates affectés à mille et une tâches. Célestopol et ses canaux de sélénium dont la brume mordorée baigne en permanence la lumière des réverbères. Célestopol, la ville sous dôme, le défi ultime de l’humanité lancé aux étoiles.

Célestopol la rebelle, l’insoumise. Célestopol, où chaque habitant porte en lui une colère, un amour, une tristesse, une vengeance. Célestopol et son duc extravagant, aux pouvoirs sans limites, dont la simple présence est une insulte adressée à chaque instant à l’autorité de la Tsarine. Célestopol, en quête de liberté et d’émancipation, loin d’une Terre qui menace de sombrer dans les flammes.

Célestopol, la ville qui a arraché un peu de l’âme de toutes les Russies et l’a posé sur la Lune.





Wow ! Ceci est une grande première. C'est la première fois que j'apprécie entièrement la lecture d'un recueil de nouvelles. Quand je dis entièrement, cela veut dire que pas une ne m'a laissée indifférente, ni dubitative comme si souvent avec ce format littéraire. Je redoute ces fins abruptes, parfois (souvent) incompréhensibles (pour moi en tout cas).

Ici, rien de tout ça. Nickel, elles passent toutes. Mieux, elles passent comme un roman entier, sans rupture car il y a toujours un petit quelque chose qui les relie. Pourtant même l'ordre chronologique n'est pas toujours respecté... Quinze nouvelles, quinze petites tranches de vie qui ont toutes un lien, soit avec Célestopol, soit avec le duc Nikolaï qui dirige d'une main de fer cette ville, comme tout ce qui se passe sur la Lune. 

Nous sommes au début du XXe siècle, l'empire Russe a écrasé la France. Napoléon et les français se sont enfuis de l'autre côté de l'Atlantique. Là ils ont bouté les anglais hors du continent Américain et ont créé la Nouvelle-France. Depuis, les Russes ont conquis la Lune, découvert une richesse locale, le Sélénium qu'ils exploitent, et construit Célestopol abritée sous un dôme gigantesque de verre et de métal. 

Les descriptions d'Emmanuel Chastellière de cette ville font franchement rêver : une majestueuse St Pétersbourg sous cloche, sillonnée de canaux comme une Venise mais avec ce côté fantasmagorique si bien illustré par Marc Simonetti, car c'est du Sélénium qui y circule et non de la si banale eau. Et donc une sorte de mélange de phase liquide (là, je n'en suis pas si sûre, même si on lit que le casino de Li-Chen y flotte) et de phase gazeuse. On parle surtout de ces vapeurs orangées, fluctuantes, mouvantes, à la fois magnifiques et inquiétantes...c'est selon la nouvelle ! Des belles toilettes, des palais, des parcs, de somptueux immeubles ou demeures en surface, des ouvriers, des laissés-pour-compte entassés dans les sous-sols.

Et une ambiance steampunk, avec des automates partout, bons à tout faire, des tâches ménagères aux plaisirs de ces messieurs, ou dames, dans des maisons closes, chez Hécate pour le gratin. Réparateurs/techniciens sur le barrage de Sélénium à quelques kilomètres de Célestopol, et même en chien de compagnie comme le vieux Isidore, le compagnon de Sergueï, à bout de carburant, et donc en fin de vie. A noter que ce roman (oui, j'insiste) commence par un joli clin d'oeil à Jules Verne, avec un journaliste qui fait le trajet Terre-Lune dans un traversier-obus :))

Le personnage le plus récurrent sera bien sûr le dirigeant de cette ville lunaire, le duc Nikolaï, auquel on s'attache bien vite, quoique... à l'instar de Célestopol, au gré des nouvelles, il nous apparaît tantôt inflexible, intransigeant, tantôt fragile, touchant, mais parfois énigmatique, mystérieux. J'ai adoré cette façon de cerner un personnage.

Ainsi, au gré des nouvelles, c'est toute une galerie de protagonistes que va nous faire découvrir l'auteur. Certains plus que d'autres, comme les deux mercenaires Arnrùn et Wotjek que l'on voit ou entrevoit plusieurs fois. Un tandem original et succulent que cette Islandaise et son ami piégé dans le corps d'un ours brun de 700 kilos de muscles. Lady Tuppence aussi. Mais je dois avouer que même ceux que l'on ne croise qu'une seule fois, je les ai appréciés. Je ne vais pas les énumérer, ce serait trop fastidieux, il ne vous reste qu'une solution, le lire !

Il se dégage de ce roman (je persiste et signe) un maelström de sentiments, allant de l'émerveillement à la frayeur intense, de l'amusement à la tristesse. Un sacré panel d'émotions, mais celle que je retiendrai le plus est la mélancolie de l'ensemble, comme si j'avais lu un recueil de poésie de Baudelaire. Et moi, je me mords les doigts de ne pas avoir craqué, d'avoir joué les timorées aux Imaginales, car ce livre je vais devoir le reposer dans le tas de Phooka, le rendre alors qu'il me manque déjà. J'espère sincèrement que tu seras invité l'année prochaine Emmanuel ! Et surtout que tu continueras à développer cet univers lunaire que j'ai tant aimé. 
Célestopol est un doux coup de coeur.



jeudi 15 juin 2017

LE LIVRE DES RADIEUX Volume 1 de Brandon Sanderson



Le Livre des Radieux, Volume 1
(Les Archives de Roshar, Tome 2)

Editions Le livre de Poche
sortie le 10/05/2017 
896 pages
21.90 euros


Traduction de Mélanie Fazi



Roshar, terre de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là.
Au cœur des Plaines Brisées, Kaladin lutte depuis dix ans dans une guerre insensée. Dalinar, le chef d’une des armées, est fasciné par un texte ancien, La Voie des rois. Au-delà de l'océan, la jeune Shallan apprend la magie et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux...







896 pages, oui oui, vous avez bien vu! Et c'est le premier volume du tome 2 ... Donc avant de vous en parler, je voulais tirer mon chapeau à Mélanie Fazi pour son travail de traduction. A la fois, pour la quantité de travail que cela représente (je n'ose même pas imaginer), mais aussi -et surtout- pour sa qualité. Traduire l'imaginaire de Brandon Sanderson n'est pas à la portée de tout le monde et elle le fait avec un brio impressionnant.

896 pages donc, qui passent toutes seules, une pure merveille.
896 pages, dont je suis bien embêtée de parler. En effet comment rendre honneur à un tel talent dans une chronique ? Je sais déjà que c'est mission impossible, je vais donc juste vous retransmettre une partie de mon ressenti.

Alors déjà, nul besoin de me replonger dans le tome 1 pour me souvenir des détails (OK, heureusement car du coup ça me faisait 1200 pages de plus à lire ! :)). Quand on me connaît et surtout quand on sait à quel point ma mémoire est défaillante c'est déjà en soit la preuve que cette série est hors du commun.

Il me tardait tellement de retrouver Kaladin, Shallan et Dalinar que dès les premières lignes j'étais dedans. Corps et âme.

Retrouver Kaladin, mon chouchou a été un immense plaisir. Kaladin qui a bien progressé dans le monde des pâles iris, mais qui se retrouve du coup empêtré entre ses devoirs, sa loyauté pour ses hommes, les hommes du pont quatre, et sa fierté. Il doit faire des concessions et ce n'est pas facile. Il perd de sa "brillance". Il a rejoint Dalinar et ces deux là sont fait pour être ensemble, même si le gouffre qui existe entre pâles-iris et sombres-iris provoque forcément quelques craintes ou méfiances. Ils se sont trouvés, mais ne s'accordent pas encore totalement confiance. Pourtant ils vont "travailler" de concert pour essayer de protéger le roi et faire que la monde soit meilleur. Mais Kaladin n'arrive pas à se fier totalement à Dalinar et ne lui révèle pas ses capacités. De même que Dalinar ne fait pas part de ses visions à Kaladin. Que de temps et d'efforts perdus à cause d'un antagoniste historique profond entre des hommes pourtant si peu différents.

Et puis il y a Shallan. Shallan si craintive et effacée. C'est elle qui est mis en avant dans ce volume. Elle y gagne une force et une grandeur insoupçonnée. Par flash- back on apprend à connaître sa jeunesse, son père violent au point de tuer sa propre femme, la mère de Shallan donc. Ses frères qui ne peuvent pardonner. L'atmosphère étouffante de son foyer natal.
Shallan, à nouveau orpheline, livrée à elle-même. Elle a bien grandi et elle continue à apprendre. Elle fait preuve d'une adaptabilité énorme. Elle est indépendante, fière, intelligente et dégourdie. En résumé, elle m'épate ! Quelle femme ! Capable de se débrouiller seule -ou presque - perdue dans la nature ou au milieu des camps militaires dans les plaines brisées. Son talent pour le dessin va  révéler bien sûr plus qu'une "simple" artiste. Car elle aussi  a un don. C'est incontestablement le personnage phare de cet opus.

Quand j'écris cette chronique, je réalise à quel point ces personnages "existent" pour moi. Sanderson a un tel talent, qu'il les rend vivants, réels. Kaladin, Shallan et Dalinar ne sont pas seulement des créatures imaginaires, ils prennent vie sous vos yeux. Ils sont vos amis, vos enfants. Quelle force dans l'écriture !

Et quand ils vont enfin tous se rencontrer, on voudrait leur crier d'aller au delà des apparences. On voudrait qu'ils ne fassent pas que se croiser, on voudrait qu'ils se parlent, qu'ils comprennent qu'ils sont liés. Quelle frustration pour le lecteur qui voudrait que "ses" héros voient toute l'ampleur du tableau esquissé par l'auteur ...

Mais ne parler que de Shallan, Kaladin ou Dalinar, serait incomplet car il ne faut pas oublier les personnages secondaires - pas si secondaires que ça d'ailleurs-. Syl, toujours au côté de Kaladin, Moash, Motif que je vous laisse découvrir (je l'adore celui-ci), Adolin bien sûr, le fils de Dalinar, et beaucoup d'autres encore. Certains ne sont encore qu'esquissés à ce stade. Je pense en particulier à Eshonai et à son peuple qui peut adopter différentes formes en fonction de leur "humeur" ou en fonction de leur activité du moment. Bref, encore toute une richesse que Brandon Sanderson met à notre disposition. Quant à Eshonai, c'est sûr qu'elle nous réserve de belles - ou moins belles - surprises.

Et puis, il ne faut pas oublier les décors, ces plaines brisées, ces gouffres, les camps de guerre et surtout ces fameuses armures d'éclats avec leurs fabuleuses possibilités. Rajoutons les sprènes, les tempêtes et puis et puis et puis ...

Depuis le début cette série s'annonce comme un must, LA série de fantasy qu'il faut lire et ce premier volume du tome 2 le confirme. Brandon Sanderson a tellement de talent qu'on se demande s'il est humain. Il entraîne son lecteur derrière lui. Un lecteur bluffé et ébloui qui est prisonnier du récit, de ses personnages, de sa magie et de sa diversité.

Énorme, c'est juste énorme. Comment qualifier un tel roman. Si ! J'ai une idée pour vous donner un aperçu de mon ressenti. Une image: vous savez j'ai des centaines (milliers ?) de livres et je suis une horrible conservatrice, mais si on me demandait de ne garder d'une série. Je n'hésiterais pas une seconde, ce serait celle-ci. Un must je vous dis. J'en suis dingue.



Si vous souhaitez découvrir Sanderson (ce que je ne peux QUE vous conseiller)